Quel vide...

Publié le par M.



Je voudrais ressentir les déferlantes de la passion et souffrir d'amour! Aimer... Etre foudroyée par l'aura d'une personne, sa beauté physique et spirituelle, ne plus pouvoir penser à autre chose, être envoutée... Ca ne m'est jamais arrivé. J'ai aimé d'un amour amical, de circonstance, de pitié, d'enfant blessé en manque d'affection… J'ai déjà été satisfaite et troublée par les joies et désillusions d'une relation amoureuse, mais je peux dire avec une triste certitude que je n'ai jamais été amoureuse... Je n'ai jamais ressenti l'amour comme il est décrit dans de nombreux romans, cet amour tellement plus fort que tout, plus fort que la vie et que la mort, un amour au delà de la raison et du réel, un trouble inexplicablement infini... Est-ce de ma faute? Mes critères sont peut-être trop sélectifs,  et pourtant j'ai parfois l'impression de pouvoir tomber amoureuse d'une inconnue que je croise au détour d'une rue, par un regard, un sourire... Elle est charmante et semble douce alors je me surprends à penser à cette inconnue même quelques heures après la fortuite rencontre, le soir, ou en plein cours... Mais n'est-ce pas utopique de penser à une femme charmante et douce? Ces deux adjectifs ont-ils été inventés à partir de modèles existants ou juste en tant que contraire de « déplaisante » et « dure »? Une femme charmante et douce... Je n'en ai jamais rencontré une sinon j'aurais déjà aimé... on ne peut pas dire que mes critères soient draconiens! Mais j'ai l'impression que dans ce monde mauvais et égoïste, je ne la trouverai jamais...


Où est-elle? Existe-t-elle? Non, non! La réponse est évidente! Mais pourquoi est-ce que je continue à espérer?... Je pourrais mourir mille fois et renaître autant de fois que ça ne changerait rien ! L'amour me fuit, l'amour me passe sous les yeux, me nargue et ne me touche pas... Nous sommes plus de 6 milliards sur Terre et ce foutu destin ne me fait même pas rencontrer UNE personne qui me toucherait le cœur jusqu'à me faire aimer !! La question de la réciprocité ne se pose même pas ; bien sûr si un jour j'aimais, ça ne serait pas réciproque, j'en souffrirais alors terriblement... mais la souffrance d’amour est une souffrance que je désire! Elle est plus belle que la souffrance du vide… "Je veux Dieu, je veux de la poésie, je veux du danger véritable, je veux de la liberté, je veux de la bonté, je veux du péché. [...] Je réclame le droit d'être malheureux" (John le sauvage dans Le Meilleur des mondes, A. Huxley) Je pense souvent à ce passage du roman d'Huxley. John veut vivre tout simplement, connaître la vie dans ses joies et dans ses peines... C'est tout ce que je demande aussi... Sentir les paroles d'amour au bord de mes lèvres, tressaillir à cause d'un simple contact… écrire des lettres et des lettres que je n'enverrais jamais, être dans une muette contemplation d’un être humain, et souffrir peut-être, sans doute... Dans mes rêves les plus fous j'aime et je suis aimée...mais je me réveille, le froid me pétrifie et je suis seule, je n'ai aucune raison de me lever et pourtant je me lève le cœur lourd mais vide, je vais travailler sans but, sans me dire qu'elle est chez moi et qu'elle m'attend... car elle n'existe pas...

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Publié dans A volte il cuore...

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